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Les DRM (Digital Rights Management) autrement dit menottes numériques.

Publié le mercredi 10 juin 2015 10:03 - Mis à jour le mardi 31 mai 2016 15:32

Dans le cadre de la Journée internationale contre les DRM (« menottes numériques ») ce 6 mai 2015 l'April propose une vidéo sur la question des livres électroniques et des DRM.

Cette journée est l'occasion de rappeler à quel point ces menottes numériques sont dangereuses pour les utilisateurs comme pour les développeurs de logiciels libres, et empêchent des usages légitimes sur les œuvres.

Plus spécifiquement cette année, nous mettons l'accent sur les livres électroniques et les DRM. En effet, les DRM réduisent grandement les droits des lecteurs et font que, justement, un livre électronique n'est pas équivalent à un livre imprimé. Avec un livre électronique sans DRM, l'utilisateur a globalement les mêmes droits que pour les livres papiers (possibilité de les prêter, de les lire autant de fois qu'il le souhaite, en tout lieu ou sur tout périphérique, ... ), alors qu'avec un livre électronique verrouillé par un DRM l'utilisateur n'a que des droits limités.

 

 

Texte de la vidéo:

Quand la libraire vend un livre à un client, il repart avec et il en fait ce qu'il veut. Normalement, ça ressemble à un truc comme ça. Quand il a fini, il fait généralement ça. Mais il se peut aussi qu'il fasse ça. Soit qu'il le prête, donne ou qu'il le revende. Il a le droit d'en faire tout autre chose… C'est son livre. Plus précisément, c'est sa copie du texte, le papier est à lui. Il en est le propriétaire.

Ceci est une liseuse. C'est une machine qui permet de lire des ebooks. En bon français, on devrait dire livre électronique. Il n'est pas vraiment possible de vous en montrer un. Ça n'a pas de forme. C'est un fichier numérique. Une information qui peut voyager sur plein de supports différents. C'est pour cela qu'en matière de numérique, on parle d'immatériel. Contrairement au livre, un fichier numérique peut-être dupliqué facilement, sans perte de qualité et pour un coût négligeable. Du coup, le partager est très facile. Quand on a l'habitude de vendre des livres, cette facilité à partager des ebooks pose un tas de questions.

Une mauvaise réponse a été apportée à celles-ci. On l'appelle DRM pour Digital Rights Management. En français on parle de MTP, ce qui veut dire « mesure technique de protection », sans qu'on sache trop ce qui est protégé de quoi ou de qui. Un DRM est immatériel lui aussi. Si on veut se le représenter, ce serait un truc comme ça (libraire avec un tshirt DRM) La justification des DRM est de faire que des ebooks se comportent comme des livres. Les DRM sont censés permettre d'éviter qu'ils soient massivement dupliqués et partagés sans que chaque copie soit achetée. Ça pourrait sembler bien mais ça ne l'est pas.

La première raison est que ça va contre la nature des choses. Donc c'est compliqué. Et quand c'est compliqué ça marche mal. Pour lire un ebook avec un DRM il faut avoir du matériel compatible. On est donc obligé d'acheter certaines liseuses et pas d'autres et on est obligé d'avoir le bon logiciel et le bon ordinateur qui fera tourner tout ça. La compatibilité, ce n'est pas le fort d'un DRM. Une fois qu'on a la liseuse, il faut encore que l'ebook qu'on veut lire soit publié sur le matériel qu'on a acheté et le jour où on a envie de changer de liseuse, de fournisseur... nos ebooks ne suivront pas. Le monde des ebook avec DRM ressemble à ça.

La seconde raison pour laquelle les DRM sont une mauvaise solution, c'est qu'ils font plus que d'empêcher la copie. Quand on paye un ebook avec un DRM, on est pas le propriétaire du fichier. On n'a pas le droit de le donner, de le prêter ou de le revendre et il y a tout un tas d'autres conditions d'utilisation qui n'existent pas avec un vrai livre. On n'achète pas un ebook, on loue tout au plus un service de lecture.

La troisième raison est que les DRM vous surveillent. Pour savoir ce que vous lisez, quand, à quelle vitesse, combien de fois, quels passages en particulier et dans quel ordre... Quand vous lisez un ebook, il y a vous, le texte et le DRM qui vous observe.

La quatrième et dernière raison est sans doute la meilleure. Le DRM permet d'effacer vos ebook à distance. Oui, les effacer. Ce n'est pas de la théorie. Amazon avec son Kindle l'a déjà fait plusieurs fois. Les ebooks avec DRM ne sont pas des livres. L'objectif des DRM n'est pas de rétablir un équilibre rompu par le numérique mais de s'en accaparer tous les bénéfices. Les DRM se voudraient des mesure de protection mais ce sont plutôt des menottes numériques. Pour cela ils vous dépouillent, vous exploitent et vous méprisent.

Ce qui se joue aujourd'hui dans avec les ebooks, se retrouve ailleurs, notamment dans la vidéo à la demande ou le jeu vidéo. La loi prévoit que le consommateur soit informé sur la compatibilité de ce qu'il achète , y compris en matière de mesure de protection technique. Exigez cette information lorsque vous achetez. Sachez faire le bon choix. Bannissez les DRM de votre vie.

Source, April 2015, (https://www.april.org/un-livre-electronique-verrouille-par-un-drm-ne-peut-etre-compare-un-livre-imprime-video)

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